Comment le programme Apollo vous aide à mieux dormir ?

Suite à l’assassinat de Kennedy en 1963, le président Johnson déclara : « Je ne crois pas que cette génération d’américains soit prête à se résigner à aller au lit chaque nuit à la lumière d’une lune communiste ». Même si Apollo a atteint ses objectifs, ce n’est pas de cette façon que le programme nous aide aujourd’hui à mieux dormir. Alors comment ?

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Sortir de sa zone de confort pour mieux se reposer

La conquête spatiale, comme tout acte d’exploration de manière générale, est extrêmement exigeante. Chaque détail doit être examiné. Chaque erreur coûte cher. La résolution de certains problèmes au niveau de la motorisation entraîne l’apparition d’autres problèmes au niveau de la structure du lanceur, qui engendre des problèmes liés aux matériaux, etc.

Dans ces conditions, les ingénieurs et les techniciens doivent trouver des solutions innovantes qui répondent à des besoins bien précis. Il s’agit souvent d’avoir les meilleures performances en terme de puissance ou de résistance, tout en ayant un poids relativement faible.

C’est pour répondre à l’une des nombreuses problématiques posées par la conception d’un engin spatial que Charles Yost rejoignit l’aventure Apollo en 1962, au travers de l’entreprise North American Aviation. Son travail consistait à améliorer les sièges du module de commande d’Apollo. C’est cette première expérience avec la NASA qui lui permit de bâtir les bases d’une nouvelle technologie. Quelques années plus tard, il travailla à nouveau avec la NASA (cette fois au travers de la Stencel Aero Engineering Corporation), pour la mise aux points de sièges permettant de mieux protéger le passager en cas de crash, et de réduire les vibrations durant le vol. Ces recherches aboutir à la création d’un matériel désormais bien connu, la mousse à mémoire de forme.

La mousse à mémoire de forme a un capacité exceptionnelle d’absorption des chocs, tout en assurant un confort de premier ordre au passager. En adoptant la forme du corps du passager, il permet de mieux répartir le poids total, et donc de rendre les longs trajets moins pénibles. Il récupère ensuite sa forme d’origine.

 

Les retombées technologiques et économiques

Charles Yost perçut immédiatement les opportunités commerciales d’une telle technologie. Il fonda Dynamics Systems en 1969 pour commercialiser les applications de la mémoire de forme, et exploita le brevet pendant 5 ans avant de le vendre. 80% des clients provenaient du monde médical, où l’on utilisait ces matériaux dans les chaises et les matelas. D’autres mousses à mémoire de forme furent développées, permettant notamment d’éviter les dommages sur la peau, améliorant la circulation sanguine, évacuant l’humidité.

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Charles Yost (1933-2005)

Dans les années 80, la mousse à mémoire de forme pénétra le monde de l’automobile, grâce au NASCAR et à la Formule 1. Progressivement, tous les véhicules furent équipés de ces sièges plus sécurisés et plus confortables. Le matériau fut également utilisé pour les motos et les selles d’équitation.

Aujourd’hui, Dynamics Systems est une entreprise florissante, et de nombreuses entreprises à travers le monde proposent des prestations équivalentes. Nous avons tous été au contact avec cette technologie qui nous paraît si anodine désormais, mais dont les retombées commerciales furent considérables. Sur la période 2014-2019, le marché de la mémoire de forme est en croissance de 7% aux Etats-Unis, et ne cesse de se diversifier avec l’utilisation de gels par exemple.

 

Une révolution qui n’en finit pas

Comme pour l’informatique, le positionnement par satellite ou bien la miniaturisation électronique (trois technologies « boostées » par les programmes spatiaux), la mémoire de forme ne cesse d’accoucher de nouvelles applications, générant à leur tour d’opportunités commerciales, de création d’entreprises, de commandes auprès de fournisseurs, etc.

Les développements actuels de la mémoire de forme, et plus largement des matériaux « intelligents » pourraient prendre une tournure des plus incroyables dans le cadre du transhumanisme. Des laboratoires travaillent actuellement sur des matériaux cicatrisants, absorbant des gaz, se modifiant lorsqu’ils sont électrifiés, etc. Les possibilités semblent infinies.

Le plus incroyable, c’est que les agences spatiales, aux premiers rangs desquelles la NASA, sont très intéressées par les recherches des laboratoires privés sur les technologies à mémoire de forme. A terme, les écrans de nos portables pourraient se réparer d’eux-mêmes. Un avantage très intéressant pour les satellites et les vaisseaux spatiaux, qui seront de plus en plus soumis aux collisions possibles avec des débris.

 

Pour en savoir plus :

Biographie de Charles Yost

 

 

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