BREXIT : quelles conséquences pour l’Europe Spatiale ?

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les industries aérospatiales européennes ne cessent de se rapprocher, accouchant de grands champions européens et de projets constituant des réussites concrètes. Le BREXIT pourrait avoir de sérieuses conséquences sur la coopération européenne.

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Rappel des faits

Rapidement, quelques éléments pour contextualiser la crise actuelle :

  • Le 23 juin 2016, les britanniques décident à 51.9% de quitter l’Union Européenne.
  • Le 29 mars 2017, Theresa May signe officiellement l’acte de sortie de l’UE. Le Royaume-Uni et l’UE ont désormais deux ans pour négocier cette sortie.
  • Depuis, les négociations sont toujours en cours sous la direction de Michel Barnier pour l’UE, et David Davis pour le Royaume-Uni. Le problème principal est posé par la question de la sortie du marché unique et de l’union douanière.

Le BREXIT impactera forcément les deux parties. Reste à savoir dans quelles mesures.

 

Contreparties et effets d’annonce

Par le Brexit, Theresa May veut incarner à nouveau la vieille doctrine de son pays : « Le

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Henry John Temple, Premier Ministre britannique (1855-1858) :

Royaume-Uni n’a ni ami, ni ennemi, il n’a que des intérêts permanents ». Dans cette affaire, les intérêts sont gigantesques :

 

  • Tarifications douanières
  • Avenir des coopérations européennes (universités, justice, défense, hygiène et sécurité, etc).
  • Sort des expatriés
  • Réglementations sur les biens et services
  • Question des frontières avec l’Irlande et l’Espagne (Gibraltar).

En tout, ce sont 750 accords qui sont remis en cause.

Dans le contexte actuel de crise du projet européen, les protagonistes sont prêts à tout : d’un côté, Theresa May doit accomplir ce pourquoi elle a été élue, et fait preuve d’une vraie ténacité dans ses positions. L’opinion britannique a un rôle capital à jouer dans cette crise. De l’autre, l’UE se doit d’être ferme pour décourager de potentielles défections, voire pour amener le gouvernement britannique à renoncer à son projet.

C’est précisément dans cette bataille que l’on doit replacer les annonces portant sur l’avenir du spatial européen.

Emplois, exclusion des projets spatiaux, R&D

Suite à l’annonce des résultats du référendum britannique, les inquiétudes portant sur le secteur  aérospatial ne tardèrent pas. Il faut dire qu’en 2016, l’industrie britannique de défense et d’aérospatial était la deuxième au monde, avec 94 milliards de dollars de chiffre d’affaires (dont 48 à l’export), employant 363000 personnes (chiffres Deloitte UK).

La première inquiétude fut exprimée par les industriels et les laboratoires britanniques. Quid de l’accès aux fonds de R&D fournis par l’ESA ? Dès juillet 2017, la réponse du directeur de l’ESA Jan Wörner à cette question est claire : si vous voulez des fonds, vous devrez vous établir dans les frontières de l’UE. De plus, il faut rappeler que l’UE est le premier marché pour l’industrie spatiale britannique. Sans cet accès, le pays pourrait perdre de nombreux contrats, car les entreprises britanniques ne seraient plus éligibles. Cette zone d’exclusion s’ajouterait à la Russie et à la Chine, où ces entreprises ne peuvent déjà pas s’établir.

Qu’en est-il pour les programmes auxquels participe déjà le Royaume-Uni, à savoir le système de positionnement par satellite Galileo,  et le système de surveillance Copernicus. Le Royaume-Uni hors UE ne sera pourra plus avoir accès aux données sensibles fournies par ces systèmes. Le problème, c’est que ce pays a contribué à leurs créations, finançant par exemple 14.7% de Galileo. Pour que la participation du Royaume-Uni se poursuive, il faudra renégocier les accords de sécurité et de défense.

Paradoxalement, le Royaume-Uni resterait membre de l’ESA, qui comprend en son sein des pays non-membres de l’UE (Suisse et Norvège). Les relations entre les pays non-membres de l’UE et l’ESA pourraient constituer un modèle pour la relation du Royaume-Uni post-Brexit avec l’UE.

 

What’s next ?

Pour l’UE, le Brexit spatial sera compliqué à gérer, mais l’Union reste maître de ses programmes. De nombreuses entreprises européennes se positionnent d’ores et déjà pour remplacer les entreprises britanniques. Tom Enders, le président exécutif d’Airbus, souhaiterait cependant que les coopérations puissent se poursuivre. Sans cela, un repositionnement des activités du la firme serait nécessaire, avec tous les coûts que cela implique.

Le Royaume-Uni de son côté se prépare à la sortie. Le parlement a récemment approuvé le UK Space Industry Act, une loi qui permettra de mieux encadrer les développements de l’industrie spatiale du pays (et notamment les premiers lancements depuis le territoire national). Le Royaume-Uni est extrêmement ambitieux concernant l’espace souhaitant jouer à terme un rôle majeur sur le marché mondial.

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