Espace et agriculture: le champ des possibles

Lorsque l’on invoque l’espace, on pense bien souvent aux astronautes en orbite dans la Station Spatiale Internationale et à d’autres choses qui se passent bien loin de notre quotidien. Pourtant, il n’y a pas de domaine plus transversal que le secteur spatial. Nous utilisons les technologies spatiales au quotidien, y compris dans l’agriculture. C’est le point que nous allons développer aujourd’hui.

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@dailyoverview.com

Quelles sont les technologies spatiales utilisées dans le secteur primaire ?

Nous utilisons tous au quotidien les systèmes de positionnement par satellite, que ce soit le GPS ou Gallileo. A tel point que de nombreux usagers oublient que s’ils peuvent se repérer, c’est bien grâce à un satellite en orbite à plus de 20000 km !

Les agriculteurs ne font pas exception, et les systèmes de positionnement leur rendent des services non-négligeables. Concrètement, à quoi servent-ils ? Tout d’abord, les agriculteurs peuvent mieux gérer leurs parcelles lors des opérations au sol (semis, épandage, récolte, etc.), et ce quelque soit le temps. Même avec des conditions météorologiques dégradées, le conducteur du tracteur peut se concentrer sur son parcours. L’optimisation du tracé se traduit immédiatement en termes de réduction des coûts : carburant, heures rémunérées, usure du matériel, etc. Les quantités de pesticides, herbicides et autres engrais sont diminuées car appliquées avec précision (ce qui est une bonne nouvelle d’un point de vue écologique), et les graines sont mieux réparties.

L’imagerie satellite est aussi en pleine démocratisation. Si comme moi, vous avez passé plusieurs heures devant Google Earth à chercher votre maison, la Tour Eiffel ou encore la Zone 51, vous voyez de quoi je veux parler…Dans ce domaine, les progrès ont été édifiants : durant la Guerre du Golfe, en 1991, les américains n’arrivaient pas voir dans quel sens progressaient les chars de Saddam Hussein, parce qu’ils manquaient de résolution. Aujourd’hui, les détails sont incroyables, et on peut légitimement se demander à quoi ont accès les militaires, dont les capacités sont de fait supérieures. Dans l’agriculture, l’imagerie permet de surveiller l’évolution de la culture, et d’identifier les différentiels de rendements. Les champs étant de plus en plus vastes, les zones ne sont pas égales de ce point de vue : certaines sont plus fertiles, d’autres sont moins irriguées. L’imagerie satellite permet de mieux identifier ces différences, et d’adapter les opérations agricoles en conséquence.

Le couplage de ces deux technologies permet un traitement à une précision quasi-centimétrique. Il existe aujourd’hui des systèmes permettant d’adapter automatiquement les quantités d’engrais, d’eau ou de produits en fonction de la position du tracteur et des données géolocalisées. Bientôt, avec le développement de machines autonomes, même l’homme dans la cabine deviendra superflu. Les tracteurs équipés de ces systèmes peuvent d’ores et déjà effectuer des demi-tours en totale autonomie.

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@Botte&Fils

La très grande majorité des données météorologiques proviennent aujourd’hui de l’espace. Les prévisions météorologiques sont très importantes dans l’agriculture, ainsi que dans la pêche. En ayant connaissance des niveaux d’humidité, des pluies à venir, de la température et des nombreuses autres données recueillies, l’agriculteur peut planifier ses opérations dans des conditions optimales. Il peut également prévoir l’apparition d’insectes nuisibles, de champignons ou de maladies.

 

Pourquoi cet essor a lieu maintenant ?

Comme souvent, plusieurs facteurs convergents expliquent ce phénomène.

Tout d’abord, il faut remettre ces efforts de rationalisation de la production dans le cadre de la production agricole mondiale. Avec l’augmentation de la population mondiale (estimée à près de 10 milliards en 2050) couplée à l’augmentation du niveau de vie, les besoins seront plus importants. Pourtant, les surfaces cultivées ne vont pas augmenter dans les mêmes proportions (urbanisation, désertification, pollutions) . Il va donc falloir améliorer les rendements au m².

Par ailleurs, la révolution dans les affaires spatiales entraîne dans son sillage de nombreux secteurs, dont l’agriculture. Cette révolution se base premièrement sur un accès facilité à l’orbite terrestre. Un kilo coûte 21000€ à lancer avec Ariane 5, qui est un lanceur traditionnel. Ariane 6 devrait diviser les coûts par deux. Mais il faut d’ores et déjà compter sur des concurrents féroces : SpaceX propose des lancements à moins de 60 millions de dollars, ce qui est très peu. Virgin Galactic proposait l’année dernière un lanceur à 10 millions de dollars pour une capacité de 200 kg en orbite basse.

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@Virgin Orbit

Et c’est déjà beaucoup, car il faut mettre en parallèle à cette baisse des coûts une miniaturisation de plus en plus poussée des engins spatiaux. Les cubsats sont l’emblème du New Space, ce Far-West spatial où tout le monde peut lancer son propre satellite (à tel point que même des universités ont désormais leurs propres satellites, à l’instar de Montpellier).

Avec la numérisation de l’économie, l’accès aux données spatiales est de plus en plus facilité. Autrefois réservées uniquement à un usage militaire, les données de l’imagerie spatiale sont désormais exploitées par un grand nombre d’entreprises de service à un prix abordable même pour de petites structures.

Que retenir de cette histoire ?

En premier lieu, il faut comprendre que l’espace est un secteur qui irrigue toute l’économie. Il n’y a pas une branche d’activités dont on ne trouve trace d’une technologie développée dans l’espace. Kennedy déclarait lors de son discours historique à l’université de Rice  que la conquête spatiale est un acte de foi, car on ne sait pas quelles sont les retombées à venir de l’espace. L’exemple que nous avons développé dans cet article montre que le champs des applications spatiales est extrêmement vaste.

L’Etat doit permettre de faciliter la diffusion de ces applications. L’Inde a complètement intégré cette logique, grâce à son ministère des affaires spatiales. Le pays développe depuis décembre dernier un effort important dans le cadre de ses problèmes liés à l’agriculture. Les enjeux sont bien évidemment économiques, mais pas uniquement. La dimension écologique est aussi à souligner.

C’est toute la beauté du secteur spatial : des engins militaires (missiles, satellites espions, GPS) peuvent être utilisés pour assurer notre défense, améliorer les conditions de vie de tous, et protéger l’environnement.

 

Et pour finir comme il se doit, je vois joins une petite vidéo :

 

 

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