Trump et la politique spatiale : will America be great again?

Si l’on s’en tient aux récentes déclarations de la NASA, rien de nouveau sous le soleil depuis l’élection de Donald Trump. Pourtant, l’arrivée à la Maison Blanche du candidat républicain pourrait amener à des changements importants pour la politique spatiale américaine. Que peut-on attendre de la part de Donald Trump?

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« Laissez-le là-bas » : Les caricaturistes n’avaient pas été tendres avec le candidat républicain! 

Le programme du candidat Trump 

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Comme vous le savez, le programme de Donald Trump est résumé dans le slogan de sa campagne, « Make America great again », en français « rendre sa grandeur à l’Amérique ». On pense évidemment à l’économie, à la diplomatie, et à l’effort de défense, mais la politique spatiale pourrait aussi jouer son rôle. N’oublions pas que l’espace revêt depuis ses débuts un caractère très militaire, et utilise un budget qui l’est tout autant. La Nasa a aussi un rôle central dans le prestige du pays sur la scène internationale.

Or sur ces points, le candidat Trump n’a eu aucune pitié envers le président Obama. Dès 2015, il déclarait sur son compte Twitter : « C’est vraiment triste de voir ce que @BarackObama a fait de la NASA. Il a étripé le programme et nous a rendu dépendants des russes ». Evidemment, l’utilisation de moteurs russes par ULA en pleine crise ukrainienne, et la dépendance envers les soyouz pour envoyer leurs astronautes à bord de l’ISS furent des exemples parfaits pour illustrer le besoin de promouvoir l’industrie américaine et d’être diplomatiquement indépendants. Et il ne s’en est pas privé!

Donald Trump veut que l’Amérique soit forte aussi dans l’espace. Pourtant, entre deux déclarations enflammées, il reste très prudent : « Mon administration examinera les dépenses prioritaires et nous ferons les ajustements nécessaires » déclarait-il le 10 octobre dernier. Il sait que les budgets accordés à la NASA seront très serrés. Dans cette optique, il promeut pleinement le partenariat public-privé, déjà bien amorcé par l’administration Obama. Des compagnies comme Space-X auront pour rôle de prendre en charge des tâches qui ne relèvent plus de l’exploration, comme le ravitaillement de l’ISS par exemple. La Nasa se concentrera alors sur l’exploration et la science.

L’Amérique forte : une chance pour Journey to Mars?

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Et lorsque l’on évoque l’exploration spatiale, on pense bien évidemment au projet « Journey to Mars », et à son lanceur SLS (Space Launch System). D’un coût prohibitif, le SLS devrait être l’engin qui permettra d’envoyer des hommes sur Mars. Mais comment justifier la création d’un lanceur lourd auprès des électeurs  alors que la situation économique et sociale ne cesse de se dégrader?

La nomination de Christopher Shank, un ancien de la NASA et du comité des sciences du Congrès américain, devrait rassurer l’agence sur les intentions de Trump. Shank avait en effet vivement supporté le projet SLS au Congrès, et il avait travaillé sur le projet Constellation de George W. Bush.

Avec un drapeau américain sur Mars, il est certain que l’Amérique serait « great again »! Concernant la politique intérieure, les électeurs seraient probablement favorables à ce nouveau Kennedy. Et sur la scène internationale, on retrouverait enfin l’Amérique qui nous manque, celle qui nous faisait rêver avec Apollo et la navette spatiale.

Mais le problème entre la politique et le secteur spatial, c’est qu’ils n’évoluent pas au même rythme. Les hommes politiques veulent des résultats immédiats afin de pouvoir les utiliser à des fins électorales, ou pour faire face à leurs adversaires. A contrario, le secteur spatial évolue lentement. Plusieurs décennies sont nécessaires pour développer des programmes. Par conséquent, cela ne coûte rien à un politicien de dire qu’il va mener une politique spatiale ambitieuse.

Hystérie médiatique et désinformation

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Lori Garver devant la navette Endeavour exposée à Los Angeles. @NASA

Alors qu’aucune décision n’a encore été prise, déjà des voix s’élèvent, incarnées par Lori Garver. L’ancienne administratice adjointe de la Nasa (2009-2013) déclarait récemment que le meilleur service que Trump pourrait faire à l’agence serait d’annuler le programme SLS (et subséquemment Journey to Mars). Elle affirmait aussi que l’élection de Donald Trump verrait la fin des missions d’observation de la Terre, faisant ici allusion aux déclarations du candidat sur le réchauffement climatique. Le module européen du vaisseau Orion pourrait aussi être remis en causse selon Lori Garver, car sa conception et sa fabrication pourraient être génératrices d’emplois aux Etats-Unis. Ses déclarations avaient été abondamment reprises par les médias pro-Clinton aux Etats-Unis comme en Europe.

Les déclarations  de Lori Garver et sa vision de la Nasa avaient été vivement critiquées par des commentateurs pro-Trump, affirmant que l’ancienne administratrice adjointe de la NASA cherchait à justifier l’échec de la politique spatiale qu’elle avait voulu mettre en place.

Concernant le partenariat avec l’Europe, Donald Trump avait plusieurs fois déclaré que dans la mesure où la conquête spatiale bénéficie à toute l’humanité, il est important qu’elle s’inscrive dans une démarche internationale. La Nasa a annoncé aujourd’hui que le partenariat avec l’ESA sera prolongé, que ce soit pour l’ISS ou le projet Orion.

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