EM Drive : qu’est-ce que c’est? Qu’est-ce que ça pourrait changer?

La nouvelle a fait grand bruit aux Etats-Unis : un article portant sur l’EM Drive a été publié dans le prestigieux Journal of Propulsion and Power de l’Institute of Aeronautics and Astronautics. Ce système de propulsion défiant toute théorie vient donc de franchir une étape importante vers la reconnaissance scientifique, premier pas vers des études plus poussées.

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Rififi autour de Schiaparelli

Le 19 octobre dernier, le module Schiaparelli « atterrissait » un peu trop vite à la surface de Mars. On sait aujourd’hui que les rétrofusées censées ralentir sa descente n’ont fonctionné que quelques secondes, aboutissant à une fin tragique pour la sonde russo-européenne. Mais en Europe, l’affaire ne s’arrête pas là depuis les récentes déclarations de l’agence spatiale italienne à l’encontre du roumain Dumitru Popescu, fondateur de l’entreprise ARCA Space.

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Crédits: ESA

Accusations italiennes

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Enrico Flamini

L’agence spatiale italienne (ASI) exprime largement sont mécontement dans la presse italienne quant à la gestion du programme Exomars par l’ESA. L’attaque est menée un mois après l’échec de Schiaparelli par le directeur scientifique de l’ASI, Enrico Flamini. Pour l’italien, tout fonctionne bien jusqu’à l’ouverture du parachute. Le choc de l’ouverture fait alors tournoyer la sonde, et dérègle les instruments de bord. Lorsque les retrofusées démarrent, elles ne fonctionnent que quelques secondes car la sonde pense être à une dizaine de mètres du sol. Elle se situait en fait à 3.7 km d’altitude…

Pour l’ASI, cela n’aurait jamais dû arriver. Les italiens avaient en effet demandé à plusieurs reprises à ce que des tests soient conduits dans l’atmopshère terrestre grâce à un largage depuis un ballon. Ces tests auraient permis de mieux prévoir le comportement de la sonde lors de l’ouverture du parachute et de l’allumage des retrofusées. Initialement, la Swedish Space Corporation aurait dû assurer les essais. Mais pour réaliser des économies (un million d’euros selon l’ASI), le contrat a été attribué a Arca Space, une entreprise basée au Nouveau-Mexique, et fondée par le roumain Dumitru Popescu.

Selon Flamini, Arca Space n’a pas été en mesure de réaliser les tests, et par conséquent l’ESA a décidé de se contenter de simulations informatiques.

Réactions roumaines

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Dumitru Popescu

Dumitru Popescu a répondu rapidement aux accusations italiennes. Pour lui, les tests ne pouvaient pas être menés, car la zone d’exercices se situait trop près de la Crimée. Ils ont été annulés pour ne pas provoquer de tensions entre la Russie et l’OTAN.

Puis, dans un communiqué officiel, Arca Space se déchargea de toute responsabilité, en indiquant que dans le rapport préliminaire de l’ESA, les parachutes semblaient avoir bien fonctionnés, et que c’est l’Unité de Mesure Inertielle qui était en cause. Or celle-ci avait été testée par une société italienne…

Pour rappel, l’agence spatiale roumaine avait déjà qualifié Arca Space de « bande d’amateurs cherchant uniquement la publicité » en 2013. Il faut dire que si l’on considère l’ensemble des projets de l’entreprise (lanceurs, avions supersoniques, ballons de transport de marchandises, etc.) seul un hoverboard à 15000$ et volant pendant 9 minutes a vu le jour… C’est cette crise avec l’agence spatiale roumaine qui avait provoqué le déménagement de l’entreprise au Nouveau-Mexique en 2014.

Indignations russes et silence européen

Forcément, les allégations roumaines n’allaient pas aller sans réactions de la part de nos amis russes, et notamment des médias.

De son côté, l’ESA s’est gardée de commenter les déclarations des uns et des autres. Elle souligna cependant que dans l’affaire Schiaparelli, les russes avaient fait leur part et que le travail de Roscosmos n’était pas en cause.

Le rapport final de la commission d’enquête devrait être rendu public début 2017. Les européens et les russes travaillent d’ores et déjà à la conception de la sonde Exomars 2020, qui devrait amener un rover à la surface de la planète rouge. Tous les grands succès spatiaux ont trouvé leurs fondations sur des échecs retentissants, que ce soit pour Soyouz ou Apollo. Espérons que l’ESA assimile ses erreurs et fasse de Exomars 2020 l’une des grandes heures de l’Europe spatiale.

 

La Russie déploie de nouveaux systèmes de contrôle

Ces systèmes de contrôle de l’espace (комплексы российской системы контроля космического пространства, СККП) seront déployés en Crimée, en Bouriatie, dans l’Altaï et en extrême-orient, selon l’agence TASS. Ils seront sous le commandement des forces spatiales, une branche de l’armée russe qui contrôle notamment la force de dissuasion nucléaire.

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Вести.ru

Ces systèmes de nouvelles générations permettront de mieux surveiller le ciel au-dessus du territoire russe, et à son approche. La portée de détection des appareils est de 50000 kms, soit de quoi surveiller la quasi-totalité des objets proches de la Terre.

80% des satellites russes sont placés sous le contrôle des forces spatiales, soit plus de 150 satellites. Leurs orbites seront désormais surveillés par ces nouveaux moyens de contrôle. La Russie, comme d’autres pays, surveille également les autres engins orbitaux qui pourraient être une menace pour sa sécurité.

La Russie et la Chine vont coopérer sur le développement de nanosatellites

C’est ce qu’indique le président du comité russo-chinois d’amitié, de paix et de développement, Boris Titov. L’objectif est de fournir aux deux pays une couverture wifi, même dans les régions les plus reculées. Un projet pour Dauria Aerospace? 

Ce projet s’inscrit dans une coopération plus large avec la Chine.

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Crédits: TASS