Les nanosatellites: un tournant majeur pour l’industrie spatiale (⅔)

 

Quelles sont les conséquences de l’utilisation du nanosatellite sur le marché et ses acteurs?

Le nanosatellite ouvre la porte de l’espace a presque n’importe qui. Selon l’entreprise Spaceworks, ce sont plus de 3000 nouveaux nanosatellites qui devraient être lancés d’ici à 2022. Les technologies utilisées sont relativement simples, et les coûts de lancement sont de plus en plus accessibles, à partir de 18000$/kilo. Si l’on ajoute le coût de fabrication et la recherche et développement, on peut trouver certains projets de nanosatellites à partir de 200000$.  Cette réalité attire de nouveaux acteurs sur le marché spatiale, avec des conséquences profondes.

nano

Crédits: SCMP Pictures

On assiste depuis une dizaine d’années au développement rapide des start-ups spatiales. Lors d’un précédent billet, j’avais d’ailleurs brièvement évoqué les activités de certaines d’entre elles dans le secteur privé russe. Il s’agit d’un phénomène très répandu, et qui prend de plus en plus d’importance. Les différentes agences spatiales ont d’ailleurs très vite saisi l’intérêt de disposer d’un tel tissu, et proposent des facilités pour le développement des start-ups. Prenons à titre d’exemple l’ESA BIC (European Space Agency Business Incubation Centre). Créé en 2013 en partenariat avec de nombreux acteurs spatiaux et économiques de la région de Toulouse, le centre accueille aujourd’hui une vingtaine d’incubés. La liste de ces start-ups permet de prendre conscience de la variété impressionnante des champs d’applications des technologies développées dans le secteur spatial.

Outre les start-ups, de nombreuses entreprises profitent du développement rapide de ce secteur de marché en pleine croissance. Avec les fournisseurs de plate-formes satellites standardisées (de type Cubesat par exemple), les constructeurs de panneaux solaires et de composants variés, on trouve des entreprises de télécommunications pouvant acquérir une constellation de satellites pour un coût relativement bas, des entreprises développant de nouveaux types de lanceurs spécifiques, ou bien des firmes d’imagerie satellitaire. Les grands groupes spatiaux et les agences nationales gagnent aussi à l’intensification de l’utilisation des nanosatellites, car ils permettent de rentabiliser au maximum le coût des lancements, en atteignant à chaque fois le plein potentiel de la charge utile. La NASA et Space-X utilise massivement ce moyen facile d’améliorer la rentabilité commerciale. Mais ils sont de plus en plus concurrencés par la Chine et l’Inde, vers lesquels se tournent les sociétés demandeuses. Il faut dire que le coût de lancement est inférieur, avec une disponibilité assez importante.

Les grandes utilisatrices de nanosatellites sont les universités. La plupart des grandes universités américaines en ont aujourd’hui un, dédié à des expériences précises (test de résistance, étude des radiations, communications,etc.). Quelques universités françaises ont aussi lancé leurs projets. On peut citer notamment le Centre Spatial Universitaire de Montpellier, à la pointe de ce domaine avec ses nanosatellites Robusta. Prochain projet, Robusta-3A, une plateforme composées de trois Cubesats, dont la mission principale sera de transmettre des informations météorologiques à Météo-France. En mission secondaire, Robusta-3A sera en mesure de transmettre des SMS entre différentes universités partenaires en Afrique. Il servira aussi de plate-forme d’essai pour des propulseurs de stabilisation, ainsi que pour un système de guidage utilisant la position des étoiles. De nombreux partenariats sont signés entre les universités et les agences spatiales des différents pays. En termes de formation, on ne peut rêver mieux, car les futurs ingénieurs et techniciens ont d’ores et déjà la possibilité de travailler sur un projet spatial complet.

Avec les nanosatellites, l’espace devient accessible à tous. Cette accélération du nombre de projets, de la concurrence entre les acteurs et du nombre de personnes investis dans la conquête spatiale est une très bonne nouvelle, car elle va permettre de montrer à tous l’intérêt des projets spatiaux, et d’en profiter. Exemple emblématique, la Russie va bientôt lancer Mayak, un satellite financé par du crowd-funding!

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