Quelques satellites de plus pour GLONASS

Le GLONASS, système de positionnement russe couvrant l’intégralité du globe, va recevoir trois satellites de plus dans le courant de l’année. Bien que la flotte actuelle compte 24 satellites, des pannes simultanées ont souligné le besoin de renouveler les engins les plus anciens, et de disposer de réserves en cas de problèmes.

Par ailleurs, les russes poursuivent leurs développement pour améliorer la précision du système, avec une nouvelle génération de satellites qui devrait arriver d’ici à 2020.

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Vers un partenariat public/privé pour l’industrie spatiale russe?

Space-X et son fondateur Elon Musk font parler d’eux jusqu’à Moscou: Le forum Inspace 2016 fut l’occasion pour de nombreux acteurs russes du secteur de souligner les performances du duo NASA – industrie privée (Space-X notamment), que ce soit d’un point de vue commercial ou bien technologique. La question se pose alors de dynamiser l’industrie spatiale russe en utilisant le même schéma public-privé, l’agence spatiale russe Roscosmos jouant l’équivalent de la NASA. Mais n’est pas Space-X qui veut: quelles entreprises russes pourraient porter le projet du secteur spatial privé?

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Pourquoi?

L’espace, c’est l’avenir. Des choix politiques sont faits actuellement, et ils sont révélateurs de cette perception. Récemment, le Luxembourg a annoncé vouloir contribuer à l’exploitation des ressources spatiales, notamment en facilitant l’implantation et le financement des entreprises du secteur. Les dirigeants de ce pays pensent que l’exploitation minière des astéroides est une activité rentable et réalisable. Si “le pays le plus riche du monde”prend de telles décisions, il faut que nos décideurs perçoivent ce signal fort et en tirent toutes les conséquences.

J’ai la conviction que nous sommes à la veille des Grandes Découvertes, semblables à celles initiées par Christophe Colomb il y a plus de 500 ans. En posant le pied sur ces nouvelles terres, il mettait fin au Moyen Âge, à son obscurantisme scientifique, à son système féodal, à la crise d’un système économique à bout de souffle. L’intensification des voyages avec le nouveau monde, son exploitation, la mise en place du commerce, ont apporté à l’Europe un nouveau système socio-économique plus performant, un apport de richesses sans précédent dans l’histoire, et un développement scientifique qui n’a pas décéléré aujourd’hui. Ce premier pas nous a ensuite porté sur tous les continents, dans les airs, jusqu’à la Lune, et peut-être prochainement sur Mars. L’avantage par rapport à Colomb, c’est que nous savons aujourd’hui que la terre promise existe, que le cosmos recèle des richesses inépuisables, qu’il ne tient qu’à nous de les exploiter. Pourtant, la conquête spatiale suscite de nombreuses critiques: dépenses inutiles, objectif sans intérêt, priorités plus urgentes,…

Mon objectif, par ces publications, est de contribuer modestement à cette aventure, en proposant une veille et des analyses des progrès réalisés dans le domaine spatial, sous un prisme politique, économique et technologique. Par là, je souhaite montrer que la colonisation spatiale n’est pas une utopie: elle est non seulement réalisable, mais de surcroît souhaitable!

L’espace nous amène quatre grandes promesses:

La première, c’est la perpétuation de l’espèce, un objectif qui nous concerne tous. Rester sur terre revient à “garder ses oeufs dans le même panier”. Il suffira d’un astéroïde de bonne taille percutant la terre pour que l’humanité soit transformée en annotation de bas de page dans le grand livre de l’histoire de l’univers. D’autres menaces existent aussi: guerres nucléaires, épidémies, période volcanique de longue durée,…Une colonisation humaine d’autres planètes, dans le système solaire ou ailleurs, serait un moyen de mettre fin à cette dangereuse situation.

Economiquement, l’espace est un secteur qui ne connaît pas la crise, les acteurs privés l’ont bien compris. Les estimations concernant la rentabilité du domaine spatiale sont assez floues, allant de 300 à 2000%! Quoiqu’il en soit, les exemples de projets spatiaux commerciaux non-rentables sont assez rares. Les projets d’exploration ou les vols habités eux-mêmes sont autant d’argent redistribués par les pouvoirs publics à un tissu dense de groupes industriels, de PME, de laboratoires,…ces acteurs sont les clients d’autres acteurs, qui font vivre au total des millions de familles. Au final, un programme spatial tire la croissance et le développement d’un pays.

Scientifiquement, un programme spatial permet aussi d’orienter les efforts de recherche, et de mobiliser les laboratoires autour d’un projet commun. L’exemple du programme Apollo est emblématique: développement de nouveaux matériaux, accroissement des capacités des ordinateurs, création de gyroscopes extrêmement précis,…les retombées sont extrêmement nombreuses!

Politiquement, l’espace fédère: il suffit pour s’en rendre compte de considérer les nombreux projets spatiaux actuels où collaborent de nombreux pays. Le plus important est la station spatiale internationale. Il est intéressant de constater qu’au plus fort des tensions entre la Russie et les Etats-Unis, la coopération spatiale s’est poursuivie pour envoyer des hommes dans l’espace et fournir le ravitaillement nécessaire à l’ISS. L’Europe spatiale est incontestablement un succès: vols commerciaux compétitifs, exploration du système solaire, spationautes envoyés en orbite régulièrement…de nombreux pays concourent au succès de l’ESA et d’Arianespace, au premier rang desquels la France, véritable puissance spatiale.

Il nous appartient de saisir les opportunités que nous offre l’espace, et de poursuivre notre destinée en dehors de notre planète. Il faudra s’en donner les moyens. Si l’Etat a jusqu’à présent dominé fermement le domaine spatial, de nouveaux acteurs privés entendent bien s’imposer. L’exploitation commerciale (télécommunications, observation, guidage, exploitation minière, tourisme,…) de l’espace est la porte ouverte à sa démocratisation, notamment grâce à la baisse des coûts de lancement, à l’amortissement des coûts de R&D et à la standardisation des matériels. La conquête de l’espace passera par la possibilité pour ceux qui la financent de rentabiliser leurs investissements. Pour ceux qui rêvent de voir l’homme s’établir sur d’autres planètes, il s’agit d’une réalité qui ne doit pas être perdue de vue. Au contraire, elle doit être analysée, assimilée et utilisée. C’est par cette dynamique que les acteurs qui entendent jouer un rôle majeur dans l’histoire de l’humanité s’imposeront, et prendront en charge la destinée future. En ferons-nous parti?